Tracts locaux de la semaine (à imprimer et à diffuser à foison):

NPA31 c'est parti...

Mai 68-Mai 2008

40 ans après la formidable insurrection sociale et ouvrière qui a fait trembler un régime gaulliste vermoulu et donner tant d'espoir aux travailleurs et à la jeunesse, la période est plus que jamais à la résistance sociale.


Devant l'entreprise de destruction en règle de l'ensemble de nos acquis sociaux menée par Sarkozy et ses acolytes, il est indispensable que le mouvement social reprenne la main. En ce premier mai, journée internationale des travailleurs, la LCR sera elle aussi dans la rue.

Nous appelons tous ceux et toutes celles qui souhaitent construire avec nous une nouvelle organisation de combat contre le patronat et la droite à se retrouver derrière la banderole « pour un Nouveau Parti Anticapitaliste ».

A l'issue de la manifestation nous nous retrouverons pour un repas fraternel et des discussions politiques autour de la nécessité d'un Nouveau Parti, à notre local, 9 rue corneille (Métro Arènes, à côté clinique Ambroise Paré).

Pour la LCR31, Myriam Martin porte parole.

EDITO: Nouveau parti anticapitaliste : c’est parti!


Pas de doute, le nouveau parti
anticapitaliste (NPA) n’est plus seulement
un projet lancé par la LCR. C’est bel et
bien un processus véritablement enclenché, avec
les militant-e-s de la Ligue et ceux et celles qui
ont déjà rejoint le NPA pour participer
conjointement à sa construction.
Partout où la Ligue a mis en marche ce
processus par des initiatives diverses, réunions
ouvertes de ses sections, rencontres de salariés en
lutte, il a rencontré la plupart du temps un franc
succès. Les débats sont riches, les questions sont
nombreuses et c’est légitime : pourquoi la forme
parti ? Quel(s) projet(s) politiques? Pourquoi
anticapitaliste et pas antilibéral? Quelle
structuration? Comment s’organiser et faire vivre
la démocratie? Quels garde-fous pour éviter les
risques de bureaucratisation? Quel type de
société voulons-nous bâtir?
Le point commun à toutes ces réunions c’est
bien le constat, partagé par tous et toutes, et ce
depuis longtemps, qu’il faut aujourd’hui qu’une
organisation politique corresponde enfin aux
luttes, au monde du travail.
Les dernières élections en date en ont fait la
démonstration. D’une part la droite a pris une
claque, d’autre part, même si les listes dirigées
par le PS ont pu bénéficier du mécontentement
général, le fait marquant de ces élections c’est
bien la poussée des listes de la gauche radicale.
Que ce soient des listes 100 % à gauche, ou des
listes dans lesquelles la Ligue était une des
composantes, elles ont toutes réalisé de très bons
résultats : elles dépassent les 5 % dans plus de
110 villes et les 10 % dans 32 d’entre elles, ce qui
a permis à certaines de se maintenir au second
tour et d’obtenir encore des élus. Finalement les
listes présentées ou soutenues par la LCR
totalisent 73 élu-e-s.
À ces élections voter pour ces rassemblements
indiquait clairement et fermement la volonté de
choisir une autre alternative que celles proposées
par la droite ou la gauche sociale-libérale. Aussi
dans beaucoup de villes la question du NPA est
de fait le prolongement logique des dernières
échéances électorales. Mais plus que jamais, avec
encore une fois les luttes qui ont perduré pendant
la campagne électorale, et particulièrement dans
des secteurs où on n’avait pas vu de mobilisations
depuis longtemps, comme dans la grande
distribution, le NPA est à l’ordre du jour.
Si les rythmes de construction des comités
d’initiative pour le NPA ne sont pas identiques,
déjà des échéances sont proposées pour procéder
à des bilans d’étape et afin d’avancer tant sur le
fond que sur la structuration.
En Haute-Garonne des comités ont été lancés,
tout comme dans d’autres départements de Midi-
Pyrénées. L’objectif est de réunir l’ensemble de ces
comités par département afin d’envoyer des
délégué-e-s dûment mandaté-e-s à une
coordination nationale vers la fin juin.
Il ne s’agit en aucun cas de bousculer les
rythmes mais bel et bien d’être efficaces car il y a
urgence!
Le monde du travail est pris dans une course
de vitesse avec la droite au pouvoir qui, après sa
défaite aux municipales, accélère le mouvement
des mesures antisociales.
Un outil pour les luttes, pour porter un projet
alternatif, un outil indépendant de la direction du
PS qui a satellisé et domestiqué « ses
partenaires» PCF et Verts, est indispensable.
Il s’agit pour tous les militant-e-s de la Ligue
de faire preuve de pugnacité et de volontarisme.
Pugnacité et volontarisme pour organiser, pour
proposer de discuter et de débattre avec tous ceux
et toutes celles, salarié-e-s, syndicalistes,
militant-e-s politiques, associatifs, jeunes et
moins jeunes qui se posent la question du NPA.
Mais ce n’est pas suffisant : au-delà de la
discussion c’est la co-animation, la coorganisation
qu’il nous faut avancer. Partout où
cela est fait, la prise en charge des comités
d’initiative ne repose plus exclusivement sur les
militant-e-s LCR. Il faut répondre à ceux et celles
qui nous disent, même avec beaucoup de
sympathie, «faites, si ça marche on vous suit »,
que c’est avec eux et elles que cela marchera et
qu’on avancera!
Enfin le 1er Mai doit être un moment fort
d’apparition pour le NPA.
L’occasion de fêter aussi les 40 ans du «joli
mois de mai»!

Myriam Martin

Muret 100% à gauche: carnet de campagne

Les contacts locaux pris en novembre 2007 avec l’AMP/PCF et LO pour présenter une liste unitaire à Muret (troisième ville de la Haute- Garonne) n’aboutissent pas, notre condition d’indépendance de gestion vis-à-vis du PS dans l’hypothèse d’une fusion de second tour ayant été rejetée. La section LCR Sud-Garonne décide alors de présenter, pour la toute première fois, une liste Muret 100 % à gauche en mars 2008.

Au départ, pour 35 candidats exigés, nous disposons d’un seul adhérent et de cinq sympathisants connus habitant Muret. En décembre, nous lançons un appel à constituer une liste Muret 100% à gauche.Avant Noël, nous en sommes à 15 candidats. Avec eux, nous décidons
d’une réunion hebdomadaire pour définir un programme, et d’une présence régulière sur le marché. La liste augmente, et nous parvenons à la boucler début février au porte-à-porte dans un quartier populaire qui nous accueille avec beaucoup de sympathie.

Nous faisons campagne en distribuant près de 25 000 tracts et un 4-pages programme, sur l’arrêt des privatisations et le développement des services publics (eau, logement, transports, cinéma…), sur la démocratie, sur les OGM; et par plusieurs communiqués de presse dont celui relatant la venue à Muret d’Olivier Besancenot en soutien à la liste.

Face à Barrès, candidat de la droite, maire sortant d’un deuxième mandat, cinq listes : trois menées par des conseillers sortants ex-Gauche plurielle (une méli-mélo PRG / Verts /socialistes / POC et… MoDem; une PS; une AMP/PCF), plus une LO et la nôtre.

Le 9 mars, à la satisfaction d’avoir pu réunir autant de personnes acceptant de s’engager publiquement sur une liste soutenue par la LCR, et d’avoir mené collectivement une campagne active, s’ajoute celle des résultats : 500 voix, 5,52 % (1 % de plus qu’Olivier Besancenot en 2007), et devant les listes AMP/PCF (5,1 %) et LO (1,4 %).

L’entre-deux tours Le 10 mars, nous proposons au PS, arrivé en tête (27 %), les conditions d’une fusion technique, avec un préalable : une fusion avec la liste méli-mélo (19 %) n’est pas possible s’il y figure le MoDem.Le PCF partage notre position.

Le 11 mars, après diverses tractations, le PS propose la présence d’un MoDem «masqué» (sic). Nous confirmons notre impossibilité de fusion. Par contre, la liste AMP/PCF change d’avis et accepte de fusionner.

Triste lâcheté récompensée par trois élus au conseil municipal, puisque Barrès est battu le 16 mars (52 % à 48 %). Les suites de la campagne La dynamique créée ne va pas s’éteindre. Ensemble, les militants LCR et les candidats Muret 100 % à gauche, dont certains ont adhéré à la LCR, nous avons décidé de poursuivre l’activité politique sur Muret et la communauté d’agglo. Ensemble, même sans élu, nous allons porter auprès du pouvoir municipal et de la population les principaux points de notre programme. Ensemble, nous allons réfléchir et participer au projet de création d’un nouveau parti anticapitaliste, outil nécessaire pour réussir une implantation forte et durable de la gauche radicale en pays muretain!

LCR Sud Garonne/Muret 100% à gauche


Nouveau Parti, bilan d'étape

A Toulouse et ses alentours, comme dans toute la France, fleurissent des comités d'initiatives pour un nouveau parti anticapitaliste. "Motivé-e-s" par l'expérience de la Liste "Debout !"et ses 5%, inspirés par les mobilisations dans le commerce (au centre commercial de portet, aux galeries Lafayette, au Super U de colomiers, ...) indignés par la privatisation de l'hôpital et la gestion d'EADS et son plan Power 8 qui met en danger tous les travailleurs de la région, rassurés par la mobilisation contre les expulsions, celle des lycéens qui bloquent et sont de plus en plus nombreux en manifestation et celles des étudiants de Science Po toulouse qui bloquent leur établissement et ainsi résistent contre le désengagement de l'Etat... Nous sommes de plus en plus de militants organisés ou pas, à prendre conscience qu'il faut plus de constance et de convergence à ces luttes et que ceci passe par la coordination d'une force qui propose un véritable programme alternatif.

L'actualité de tous les comités est consultable en temps réel sur le site www.npa31.org, où chaque bureau de comité peut y écrire des articles, compte rendus et proposer un calendrier militant. Un forum de discussion est lancé (www.npa31.org/forum) enregistrez vous et participez

Santé/Sécu/Social
Le 25 mars s'est constitué le comité d'initiative NPA31 Santé Sécu social, regroupant des syndicalistes de l'Hôpital, de la sécu et du secteur social ainsi que des étudiants en formation. 27 personnes ont participé aux réunions de discussion sur le NPA et ont décidé de créer un comité pour débattre sur l'anticapitalisme, la relation parti Syndicat et un projet alternatif de santé publique mais aussi pour agir contre les franchises médicales et contre la privatisation de l'hôpital public. le bureau d'animation est triplement mixte (homme/femme, CGT/sud, LCR/non LCR), 3 personnes du comité était à la rencontre de Syndicalistes sur le NPA le 5 avril dernier
Projet en cours: production d'un film de sensibilisation contre la réforme hospitalière.Contact: sante@npa31.org
Page web: www.npa31.org -> Santé/secu/social Rangueil

Rangueil
Le comité d'intiative NPA Rangueil/Paul sabatier existe depuis février, il regroupe des étudiants et des jeunes travailleurs. Ils ont des réunions hebdomadaire tous les jeudi à 18h, bâtiment Fermat de Paul sabatier. La structuration est très avancée et ils discutent déjà de la coordination des autres groupes. Il possédent déjà un forum de discussion sur le net: http://toulouse.anticapitaliste.org/forum/. Ils ont fait une réunion publique avec diffusion du film « LIP, L'imagination au pouvoir ». Le comité était représenté à la rencontre nationale des comités jeunes du week-end du 5 et 6 avril en région parisienne. Page web: www.npa31.org ->


Colomiers
Le comité NPA Colomiers est né le 16 avril avec des contacts pris pendant la campagne municipale. La campagne a été dynamique et a généré beaucoup de contact après l'élection de Laurent Marty comme conseiller municipal. Pendant la réunion de création 7 personnes (4 LCR, 3 non LCR)
contact: panacla.31@wanadoo.fr
Page web: www.npa31.org -> Colomiers

Univ Mirail
Le comité NPA université Mirail a déjà organisé un meeting/débat sur l'Utilité d'un nouveau parti anticapitaliste le 20 mars dernier. 15 personnes se réunissent régulièrement.
Page web: www.npa31.org -> Univ Mirail

Arsenal
Une vingtaine d'étudiants de l'arsenal ou de l'IEP se réunissent depuis 2 mois
Déjà 2 Réunions de coordination, une réunion de discussion sur le feminisme et une sur l'anticapitalisme. La dernière réunion a porté sur la coordination avec d'autres comités étudiants.contact: c.anticapitaliste31@gmail.com
Page web: www.npa31.org -> Univ Arsenal

Lycées
Il existe 2 comités sur les lycées toulousains, pour l'instant (Auzeville, 6-7 pers. – Bellevue environ 15 pers.) actifs dans la mobilisation.

Coordination comités jeunes
Le premier avril, les comités NPA jeunes ont fait une réunion de coordination notamment pour discuter du fonctionnement et de la préparation de la journée nationale le 05 avril.

Des comités sont en cours de constitution aux minimes, à Bonnefoy, à St Cyprien, à Villeneuve Tolosane, à Tournefeuille, à Grenade. Pour avoir des infos sur ces comités suivez le site npa31.org ou envoyez un mail à postmaster@npa31.org

Nous aurons une banderole "Vers un nouveau Parti Anticapitaliste en Haute Garonne" à la Manifestation du premier Mai. Nous organiserons un Barbecue à partir de 12h00, nous ferons un nouveau bilan d'étape. Nous préparons une rencontre de Syndicalistes pour le NPA qui se tiendra le 7 mai à 20h30 au 9, rue corneille (Sauf changement)

Julien Terrié

Haute-Garonne : 950 + 500 + 6789 voix

Dimanche 9 mars, tard dans la soirée, les militants des deux listes 100% à gauche de Colomiers (950 votants) et Muret (500), et ceux de la liste Debout! à Toulouse (6 789) pouvaient savourer leur résultat : la barre des 5 % était franchie partout!

Grâce au travail acharné des militants de la Ligue, tant à Colomiers qu’à Muret, ont été constituées deux listes 100 % à gauche, présentant en leur sein, desmilitant-e-s de la Ligue, des hommes et des femmes ayant donné volontiers leur nom après un porte-à-porte fructueux et volontariste. À Colomiers même, une conseillère municipale sortante (ancienne PC) a décidé de soutenir la liste et de mener la campagne.

À Muret, la tête de liste a été confiée à un militant associatif connu, la liste rassemblant militants et sympathisants de la Ligue. Dans les deux cas, ceux et celles appartenant au monde du travail, aux classes populaires étaient très présents sur ces listes : ceux et celles qui aujourd’hui doivent être les membres actifs du nouveau parti anticapitaliste que l’on veut construire.

À Toulouse, la liste Debout!, conduite par Myriam Martin de la LCR, rassemblait la LCR-31, les Motivé-e-s et l’Appel Unité Antilibérale (appel regroupant des militants des anciens collectifs antilibéraux). Ces trois composantes étaient prêtes à aller à la bataille contre le candidat sarkozyste sortant et étaient déterminées à porter la voix de la gauche radicale, en toute indépendance du PS.

Programmes et campagnes

Les principaux axes de campagne ont été déclinés autour des questions sociales, de la défense des services publics, avec comme mot d’ordre la remunicipalisation de l’eau (à Muret et à Toulouse), le développement des transports en commun et la démocratie municipale. À Toulouse les questions culturelles et d’une politique culturelle au service de tous et toutes, ont été portées par la liste Debout ! Nous avons posé également avec force la question des quartiers populaires et des discriminations.

De nombreuses initiatives ont été menées qui ont permis de faire connaître notre programme : passages de la caravane Debout! Actions sur l’eau, sur la vidéo-surveillance, etc. Le point d’orgue de cette campagne a été le meeting avec Olivier Besancenot, rassemblant, dans une ambiance enthousiaste et festive, au moins 1 300 personnes!

Des campagnes dynamiques et réussies qui se sont conclues dimanche 9 mars au soir par des résultats plus que satisfaisants: notre camarade Laurent Marty est élu, à Colomiers, conseiller
municipal avec 6,89 % des suffrages; à Muret, la liste 100 % à gauche obtient 5,2 %, et la liste Debout! parvient à franchir la barre des 5 % (5,07 %). Il n’y aura pas de fusion à Muret. Après
moult péripéties, des membres du MoDem se retrouveront sur la liste du PS au second tour!

À Toulouse, dès l’annonce de notre résultat, nous avons pris contact avec le socialiste Pierre Cohen, afin de lui proposer de rassembler toutes les gauches afin de battre la droite, position que nous avions exprimé tout au long de la campagne. Refus catégorique de Pierre Cohen et de
ses colistiers (PCF, Verts, PRG) de fusionner avec notre liste ni avec celle de François Simon (L’Autre liste). Seule proposition, celle de prendre François Simon sur la liste, ce que ce dernier a refusé de faire.

Afin de séduire l’hypothétique électorat du MoDem, Pierre Cohen et ses troupes, ont fait le choix de rejeter, voire de mépriser, 14 000 électeurs sur leur gauche ! Premier déni de démocratie plutôt inquiétant et qui donne le ton pour celui qui veut pour Toulouse une vraie « révolution démocratique » ! Pierre Cohen l’a emporté avec 50,4 % des suffrages et avec une abstention, surtout dans les quartiers populaires, autour de 40 %.

Et maintenant?

Nous avons mené des campagnes dynamiques, ce qui permet pour les camarades de Colomiers et de Muret de poser dès à présent la question de la construction du nouveau parti anticapitaliste. En ce qui concerne Toulouse, le projet du nouveau parti anticapitaliste n’avait pas été posé comme préalable pour constituer la liste, mais une fois le deuxième tour passé nous avons commencé à discuter avec les membres des deux composantes de sa construction. Première ébauche de discussion donc. Ce qui est sûr c’est qu’on se retrouvera très rapidement
dans les luttes à venir.

Myriam Martin
et Fred Borras

Colomiers : un succès prometteur

Avec 950 voix, soit 6,89 %, la liste 100 % à gauche obtient dès le premier tour un élu – Laurent Marty – dans une élection remportée largement par la liste Union de la gauche menée par le maire PS sortant Bernard Sicard (67,23 %). L’UMP obtient 17,20 %, le MoDem 6,27 % et LO 2,40 %.

La LCR présentait pour la première fois une liste dans la deuxième ville du département. À noter que le courrier de la LCR-31 adressé à LO (pour examiner les possibilités de listes communes à Colomiers et autres villes du 31) est resté sans réponse. LO avait en effet réalisé une forte percée en 2001 avec 10,46 % et une élue. On notera aussi que la progression de la liste Sicard se fait avant tout au détriment de l’UMP qui voit son score passer de 28,42 % à 17,20 %. Ces résultats comportent une certaine logique dans la mesure où Sicard et ses alliés n’ont pas eu de réelle opposition au cours du mandat précédent.Pour preuve, le vote du budget 2008 en décembre dernier : LO s’est abstenue, en compagnie d’un élu de droite, les autres élus de droite votant pour! Quant à la demande de rencontre adressée à Sicard par Michèle Puel, au nom de LO, pour intégrer sa liste, elle est restée sans réponse…

La liste 100 % à gauche a été constituée pour une part très importante grâce au porte-à-porte, ce qui nous a permis de noter la grande popularité d’Olivier Besancenot, mais aussi la souffrance sociale, un vent de révolte et un réel vide politique. Les nombreux contacts pris au
cours de ce travail de terrain intense constituent un point d’appui important pour la dynamique de construction d’un large parti anticapitaliste.

Notre campagne s’est traduite par une présence active sur les marchés,par le soutien à la lutte des salariés de Super U, et nous avons reçu le soutien d’Olivier Besancenot, par une intervention sur la question des transports à la gare,le 5 mars.

Il reste maintenant à porter au sein du conseil municipal, et par les interventions publiques de la section, les revendications principales mises en avant dans notre campagne : le logement social, les transports, les services publics et la question de la transformation de la communauté d’agglomération en communauté urbaine, la culture,les équipements pour les jeunes… sans oublier la démocratie qui est loin d’être un modèle du genre à Colomiers.

Comme nous l’avons dit tout au long de notre campagne, et dès le lendemain de l’élection,par la voix de Laurent Marty,il y aura enfin une réelle opposition de gauche à Colomiers et au conseil municipal.

Section LCR de Colomiers

MUNICIPALES Foix : succès de la liste Vraiment à Gauche!

10,85 % au premier tour, 9,23 % au second, où nous passons devant l’UMP! Un élu (avec la proportionnelle intégrale, nous en aurions eu trois). Un indéniable succès. Retour en arrière.

Fin janvier la LCR et la section locale du PCF lancent un appel pour constituer une liste représentant «la gauche qui ne renonce pas… qui s’attaquera aux politiques libéralescapitalistes et affirmera son indépendance vis-à-vis d’un Parti socialiste incapable de s’opposer à la droite…» En deux semaines la liste est constituée : LCR, PCF, militants antilibéraux, associatifs, syndicalistes – essentiellement CGT; une liste populaire : maçon, apprenti, employée en grande surface, ouvrier horticole, employés SNCF, de la Fonction publique, enseignants ; une liste jeune : trois moins de 19 ans dans les dix premiers, dont un lycéen.

Une campagne de trois semaines : marchés, porte-à-porte, boîtes aux lettres, un excellent accueil, une réunion publique avec près de 100 participants. Un réseau se crée. Le résultat au soir du premier tour est un petit événement à Foix et en Ariège. Entre les deux tours, la couverture médiatique sera significative. Nous sommes, à gauche, la seule liste à faire vraiment
de la politique. La campagne du PS est quasi apolitique, gestionnaire (dans le département de même, avec en plus des règlements de compte personnels lamentables).

Finalement, la situation politique à Foix a changé. Nous serons au conseil municipal porte-parole des luttes contre Sarkozy, nous y soutiendrons les sans-papiers menacés d’expulsion, nous proposerons la municipalisation des délégations de services publics, la gratuité de la navette inter-urbaine, la construction de logements sociaux… Vraiment à Gauche! continuera.

Nul doute que les propositions de la LCR y trouveront un écho, que la discussion sur la nécessité de la création d’un nouveau parti anticapitaliste y trouvera aussi sa place.

Denis Seel



La démocratie locale bafouée

Lors du conseil municipal du 31 mars, nous avons assisté à un spectacle
attristant. Dans un premier temps, il a été proposé aux élus de l’opposition,
qui ont bien sûr accepté, de participer aux différents groupes de travail,
ainsi qu’aux conseils d’administration, syndicats mixtes, intercommunaux et
départementaux où la municipalité est représentée. Mais lorsqu’il a été
question de la communauté de communes de Foix, dont on connaît l’importance
des attributions (elle décide, par exemple, de l’aménagement du territoire,
du logement, fixe le taux de la taxe professionnelle), arguant du fait
qu’il était majoritaire (rappelons le résultat de sa liste : 44,52 % des suffrages
exprimés), le maire a proposé d’attribuer la totalité des 15 titulaires
et des 5 suppléants aux élus de sa liste ! Lors du vote qui a suivi nous avons
été les seuls à nous opposer à ce déni de démocratie. Les élus socialistes,
dont la députée F. Massat, les Verts (mais où sont passées leurs convictions
?), les « Citoyens de Gauche» (quel exemple d’engagement pour la
démocratie citoyenne!), la majorité des élus de la liste «Foix XXIe siècle »
(sauf deux d’entre eux, qui se sont abstenus), l’élu UMP, ont voté favorablement,
et ceci dans le plus grand silence complice !

Les communautés de communes sont des structures non élues, ce qui n’est déjà
guère démocratique. Le maire de Foix et tous ceux qui l’ont suivi viennent d’aggraver
cet état de fait. C’est regrettable!

Drame de la précarité au PS toulousain

Le sénateur de Haute-Garonne Jean-Pierre Plancade a entamé une grève de la faim pour protester contre son évincement par le PS pour les prochaines sénatoriales. Victime, selon lui d'un déni démocratique, il a entamé ce mouvement le 10 avril au palais du Luxembourg.


Ouf!

Le 11 avril, Jean-Pierre Plancade, face à la fermeté de la direction du PS a arrêté sa grève de la faim! Il n’est désormais plus que conseiller général de la Haute-Garonne (canton Toulouse VI). Nous n’aurons même pas eu le temps de monter un comité de soutien pour dire ensemble : «il
faut une loi qui interdise les licenciements»!

Stéphane Borras

PERDRE SA VIE À LA GAGNER Le stress au travail ou l’art de l’euphémisme

Dans le «Rapport sur la détermination, la mesure et le suivi des risques psychosociaux au travail»1 remis au ministre du Travail, Xavier Bertrand, la réflexion sur les conditions de travail s’en tient seulement à la question du stress. Un euphémisme qui cache mal l’inconsistance d’un rapport qui se refuse de parler de «souffrance au travail» et d’en étudier les causes profondes et structurelles.

La mesure au service de la prévention

La mesure pour une comptabilité bien orchestrée. C’est là l’esprit du rapport, cette indéfectible croyance que tout est mesurable, le stress comme la souffrance, mais étrangement pas encore le suicide dans l’entreprise (les chiffres restent flous). Les méthodes libérales font la part belle à l’évaluation, comme si tout pouvait être évalué.

D’ailleurs, une des sources de la souffrance au travail est justement l’évaluation. Pour reprendre Christophe Dejours2, cette évaluation individualisée, quantitative et objective
ne dit rien de la réalité du travail. Pas plus que l’évaluation quantitative du stress, de la dépression, de l’anxiété. Car cela suppose que les difficultés au travail soient exprimées et affichées.

Qui peut raisonnablement penser que les salariés, dans le contexte actuel, vont donner à voir leurs faiblesses? Christophe Dejours explique que l’opérateur «pour lutter contre cette souffrance au travail, susceptible de rompre l’équilibre psychique, mobilise des défenses : défenses individuelles, défenses collectives sous forme de “stratégies collectives de défense”,
toutes étant capables de générer à leur tour de la violence sociale»3. Aussi, croire ou laisser croire aux décideurs politiques que la souffrance au travail, même dans sa version euphémisée,
n’est qu’affaire de mesures et peut facilement se dire, est un déni de réalité, voire une absurdité.

Du consensus et pas de vagues!

Tout au long des quarante-deux pages du Rapport, messieurs Philippe Nasse, statisticien, vice-président du Conseil de la concurrence, et Patrick Légeron, médecin psychiatre et directeur d’un cabinet-conseil privé en «changement comportemental», nous servent du consensus à toutes les pages. Comme une crainte que les suicides de ces derniers mois dans les
lieux de travail n’inquiètent par trop nos concitoyens. Après tout, pour le médecin psychiatre, Patrick Légeron, «le stress n’est qu’une formidable réaction de l’organisme pour s’adapter à
l’environnement […] en libérant des substances chimiques. C’est donc une réaction normale et utile». Ah! nous voilà rassurés, le stress, c’est chimique et normal. Il suffit de le mesurer, le
traiter et donner quelques pilules aux travailleurs.

Si, au lieu de nous endormir avec le stress, on parlait de violences et de souffrances au travail. Si dans les usines, dans les bureaux, on laissait les gens s’exprimer. Ce qu’ils raconteraient
ce n’est pas le stress, mais la violence d’un système qui broie, qui étouffe, qui ne donne plus aucune perspective. Ce que les travailleurs diraient, c’est qu’ils ont peur, peur d’être virés, passés en pertes et profits. En profit pour golden parachutes. Peur de ces petits harcèlements quotidiens, peurs de ce mépris. Ils diraient l’épuisement quotidien lié à des cadences qui s’accélèrent sans cesse, des heures qui s’étirent. «Travailler plus pour gagner plus », disait le candidat du Medef! La souffrance au travail s’exprime dans ce slogan désormais célèbre.

«Travailler plus… »

Depuis plus de dix ans, les travailleurs travaillent plus. Les chiffres sont là. Ils travaillent plus et les maladies professionnelles explosent. Les troubles musculo-squelettiques sont à ce titre un indicateur fort instructif. Ils augmentent régulièrement et relèvent pour l’essentiel de cadences excessives. Ces troubles se développent à l’occasion de mouvements répétitifs et lorsqu’il n’est plus possible de changer de postures et de modifier ses gestes. Tout médecin du travail ou ergonome sait que la diminution des marges de manoeuvre dans le travail provoque ce genre de pathologies.

Déjà, en 2002, le Bulletin d’information du Bureau technique syndical européen pour la santé et la sécurité4 relevait que «les troubles musculo-squelettiques du membre supérieur (TMS-MS) représentent une des premières causes de maladies professionnelles en Europe. […] Ainsi, des facteurs de risque biomécaniques (répétitivité, efforts, postures articulaires extrêmes) et psychosociaux ont été mis en évidence». Du stress à la souffrance, de la souffrance au suicide Souffrances, violences, suicides, c’est pas très «bling-bling». «Risques psychosociaux
», c’est mieux : il y a un peu de psychologie, d’individuel, donc un peu l’idée que le problème vient des travailleurs eux-mêmes.

Ainsi dès qu’un suicide intervient sur le lieu de travail, pour Légeron et Nasse, ça «ne veut pas dire systématiquement suicide lié au travail». Et ce qu’il convient de faire c’est «une autopsie psychologique». Pour permettre «le consensus d’approche», les experts nous invitent sérieusement à réaliser «le recueil minutieux des données susceptibles de reconstituer l’environnement psychosocial d’un individu qui s’est donné la mort et ainsi de mieux comprendre les circonstances entourant son décès. La collecte de ces données porte sur un grand nombre de paramètres qui incluent les détails de la mort, le paysage familial, le contexte
social, le parcours de vie, le monde relationnel, les conditions de travail, la santé physique et mentale et les antécédents, les éventuelles conduites suicidaires antérieures, les événements de vie négatifs, l’éventualité de contact avec des services d’aide ou médicaux avant le passage à l’acte et la réaction des proches au suicide». Le responsable est tout trouvé : c’est le travailleur lui-même!

Le capitalisme en cause

Le seul but de ce rapport est de proposer quelques mesurettes qui satisferont les patrons. Jamais les questions de fond ne sont abordées. Si tel était le cas, alors il faudrait convenir qu’en France, depuis dix ans, la situation s’aggrave, que les conditions de travail sont pires que pendant les décennies précédentes, que la souffrance est une donnée centrale du «pacte social» dans l’entreprise, que la crise du vivre ensemble au travail se déplace dans la cité.

Au-delà de l’analyse nécessaire de la souffrance au travail, c’est aux causes premières qu’il faut remonter. Sans grande surprise, l’organisation du travail et les diverses formes de management
en sont les éléments clés. Bien sûr, plus avant, c’est le principe même d’un système capitaliste, faisant de l’opérateur humain un simple maillon dans l’entreprise et l’inscrivant dans l’organisation en lieu et place de l’outil, qui pose problème.

La lutte contre la souffrance au travail passe par la prise en compte des savoir-faire, mais aussi des imperfections, des errances, des échecs comme autant de réalités qui ne doivent pas être cachées et ignorées. Cette réalité assumée n’est possible que dans un système où les opérateurs ne sont pas soumis aux règles du management Kleenex, et où leurs places dans la prise de décision en font des acteurs de premier plan. Cela suppose une réelle démocratie participative dans l’entreprise. Cette lutte nécessite aussi l’enrichissement du travail par décloisonnement
des tâches et multivalence non imposée. S’attaquer sérieusement à la souffrance au travail, c’est d’abord placer le travail, dans ses dimensions individuelles et collectives, et l’intelligence
opérative au coeur du système de production.

Le rapport remis à Xavier Bertrand ne pouvait évidemment pas s’inscrire dans une telle démarche. Le rêve n’est-il pas l’apanage des fous?

Christophe Abramovsky

Christophe Abramovsky est ergonome
de formation. Après quelques contrats
en entreprise, il démissionne, écoeuré
par le manque de marge de manoeuvre.
Il rentre en 1996 dans l’Éducation
nationale et est actuellement prof au
LP de Jolimont. Il est partie prenante
du processus de construction du nouveau
parti anticapitaliste proposé par
la LCR.

Notes:
1. «Rapport sur la détermination, la mesure et
le suivi des risques psychosociaux au travail»,
de Philippe Nasse, magistrat honoraire, et
Patrick Légeron, médecin psychiatre, remis à
Xavier Bertrand, ministre du Travail, des
Relations sociales et de la Solidarité, mercredi
12 mars 2008.
2. Christophe Dejours, professeur de la chaire de
Psychanalyse-Santé-Travail au Conservatoire
national des Arts et Métiers. Paris.
3. Christophe Dejours, «Souffrance en France.
La banalisation de l’injustice sociale», éditions
du Seuil, 1998.
4. «Le stress au travail», Bulletin d’information
du Bureau technique syndical européen pour la
santé et la sécurité, no 19-20, septembre 2002.

GRANDE DISTRIBUTION: Au royaume de la précarité, les serfs se rebiffent

Le commerce regroupe 636000 salariés, pour l’essentiel payé au SMIC. La hausse des prix y est immédiatement palpable vu la proximité des rayons, la misère des salaires aussi. Le patronat y est un des plus inflexibles et la chasse aux syndicalistes et aux fortes têtes est le sport favori de cette bourgeoisie qui compte parmi les plus grosses fortunes françaises. La Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) organise ces dirigeants et en veut encore plus : obtenir du Parlement l’ouverture le dimanche. Mais à force de brimades et de fiches de paye dérisoires les salariés agissent et s’organisent.

Pour la première fois dans le commerce, FO, CGT et CFDT appelaient l’ensemble des salariés de toutes les enseignes à se mobiliser le 1er février 2008. Cette journée était organisée pour faire pression sur la négociation nationale de la branche commerce concernant la grille des salaires qui n’a pas bougée depuis cinq ans. Il faut savoir que dans les trente et une branches de ce secteur, vingt-quatre sont en dessous du SMIC! Les revendications portaient aussi sur la possibilité pour les temps partiels de passer à plein temps et contre le travail dominical.

La mobilisation est allé bien au-delà des espérances. De nombreux magasins se sont retrouvés avec une ou deux caissières sur la ligne. Des chaînes comme Carrefour ou Auchan ont été massivement touchées par cette grève. Dans notre région, le point d’orgue a été atteint à Portet-sur-Garonne. Près de 500 grévistes y ont manifesté dans la galerie marchande et dans les magasins aux alentours, entraînant des débrayages spontanés.

Du côté du patronat, Michel Édouard Leclerc proposait une augmentation des salaires si l’État prenait en charge le peu de cotisations sociales encore payées par l’employeur. Jérôme Bédier, le président de la FDC, déclarait «ne pas comprendre ces grèves», il apportait aussi une solution pour en finir avec le temps partiel des caissières : le recours aux caisses automatiques! Mais il évoquait aussi un mouvement plus «politique». Justement la force du thème du pouvoir d’achat, la proximité des élections municipales et le succès de la grève appelaient à continuer
à battre le fer avant qu’il ne soit aussi dur qu’une fin de mois de caissière.

Malheureusement ce front syndical uni s’est immédiatement fissuré. Quelques jours après cette grève historique, FO acceptait les propositions patronales sous prétexte «de véritables négociations sur les temps partiels» et d’«un engagement formel à ouvrir une négociation si le
SMIC venait à augmenter plus tôt que prévu». Dans le même temps les autres directions syndicales tentaient de proposer aux salariés une journée d’action pour le lundi de Pâques, un des rares jours fériés respectés dans le commerce.

Cela sous prétexte de la difficulté à mobiliser. Après la journée du 1er février, on croit rêver. Finalement les salariés syndiqués et non syndiqués ont réussi à imposer des actions pour la semaine avant Pâques. Malgré l’éparpillement syndical et l’éloignement du 1er février on a compté cette semaine-là des grèves qui regroupaient de 15 à 30 % du personnel de la grande distribution, avec des pointes dès que des actions de soutien avaient lieu devant ces magasins.
Souvent le pessimisme était de mise sur les capacités à se mobiliser d’un salariat qui réunissait tous les facteurs pour rester docile : éclaté, précarisé,jeune, féminisé et sans syndicats implantés. Mais quand les salaires ne permettent plus de payer le loyer ou l’essence pour aller travailler, quand les heures de travail empêchent de voir sa famille ou ses amis, le travailleur
aussi précarisé qu’il soit est amené à se battre. L’intérêt de ces journées à été de montrer à ces salariés qu’ils n’étaient pas seuls à se sentir exploités et harcelés pour des clopinettes, que malgré la peur ils pouvaient ensemble peser sur les propriétaires et les actionnaires. Et cela se ressent immédiatement.

De nouvelles sections syndicales se sont ouvertes dans la région, de nouveaux délégués syndicaux ont été nommés, des contacts à la base se nouent avec les petites unités de quelques salariés, des grèves pour les salaires ou les conditions de travail se déroulent en permanence.
La situation semble favorable pour préparer les prochains rendez-vous qui auront lieu en mai quand le projet de loi de modernisation de l’économie sera examiné au Parlement. Projet qui prévoit entre autres l’ouverture des magasins le dimanche, proposition qui fait l’unanimité
des employés du commerce contre elle. Le royaume de la précarité a encore quelques jours devant lui, mais les damnés de la distribution ont commencé à se lever… et ça fait beaucoup de monde!

Lemmy Melt

Infos sur le commerce et services dans la région toulousaine sur le blog de l’UL CGT du Mirail, en pointe dans cette branche : ulcgtmirail.over-blog.com



Travail du dimanche

Les magasins d’ameublement sont désormais libres d’ouvrir le dimanche. Ce retour en arrière est l’oeuvre de la sénatrice UMP Isabelle Debré. Elle affirmait que son amendement permettait de garantir une rémunération supérieure pour les salariés qui travailleront le dimanche sur la base du volontariat. Cette affirmation était fondée sur une convention collective qui garantissait ces droits. Seul problème, la convention collective en question est applicable à toutes les entreprises d’ameublement… de Corrèze!

La convention collective du négoce de l’ameublement prévoit bien une majoration salariale et un repos compensateur en cas de «travail exceptionnel le dimanche». Mais elle est «inapplicable au salarié qui travaille habituellement le dimanche», selon un arrêt de la Cour de cassation du 31 janvier 2006.

Résultat pour les 70 000 salariés du secteur de l’ameublement : ils seront obligés d’aller travailler pour des clopinettes le dimanche.

AIRBUS

Nouvelle année record chez Airbus en 2007, après 2006 qui en était déjà une : 1 341 avions commandés soit, aux cadences actuelles, six années de travail. L’année 2008 démarre en fanfare avec une commande historique passée par le Pentagone portant sur 170 appareils, soit 35 milliards de dollars. La productivité a augmenté de 50 % (si! si !) au cours des trois dernières années. Quant à la trésorerie nette de EADS (le groupe dont Airbus fait partie), elle est passée de 4,2 milliards d’euros l’année dernière à un peu plus de 7 milliards en 2007. Les perspectives, elles, sont colossales avec un marché estimé à 25 000 avions à produire dans les vingt prochaines années.

Vous allez donc penser que tout va bien. Eh bien! non… tout va mal, parce que figurez-vous que le taux de rentabilité ne veut toujours pas passer à deux chiffres, et que ça, c’est dramatique
pour tout actionnaire normalement constitué.

Comment faire alors… Eh bien! notre actionnaire normalement constitué se met à gémir et à crier au loup. C’est que, voyez-vous, le dollar est trop faible par rapport à l’euro, la main-d’oeuvre est trop chère et puis les pouvoirs publics ne l’aident pas assez.

Licenciements et fermetures de sites à l’horizon…

Nous en sommes là aujourd’hui chez Airbus. Louis Gallois (EADS) et Tom Enders (Airbus) ont annoncé en début d’année que le plan Power 8, qui prévoit entre autres 10 000 suppressions
d’emplois et la vente de sept sites en Europe, serait renforcé. Pas question, donc, de lâcher sur quoi que ce soit. En France, le site de Méaulte et celui de Saint-Nazaire-ville sont vendus à Latécoère qui, dans le même temps, annonce la construction d’un site de production en Tunisie. Airbus se veut rassurant en disant qu’il reste dans le capital de la joint-venture pendant trois ans. Mais il n’y a pas besoin d’être devin pour dire dès aujourd’hui que nos camarades de Méaulte et Saint-Nazaire-ville iront pointer au chômage dans cinq ans au maximum.

Tout cela se fait avec la complicité tacite, si ce n’est active, des syndicats majoritaires. Après l’annonce de la vente des sites à Latécoère, Force Ouvrière raconte qu’elle restera vigilante
sur le statut des salariés des deux sites ; autrement dit la vente est entérinée…

La CGT reste le seul syndicat à être opposé à la vente des sites et elle a d’ailleurs organisé une manifestation à Saint-Nazaire le 9 avril. Le sort de l’usine de Saint-Éloi à Toulouse n’est pas encore scellé mais la production du site (les mâts réacteurs) est très facile à délocaliser et
cela pourrait très bien être la prochaine étape du vaste mouvement de restructuration de l’industrie aéronautique européenne.

Notre actionnaire normalement con