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Au-delà d’Annapolis, Gaza affamé…
Criminels de guerre: leaders israéliens à La Haye!
«Nous déclarons Gaza entité hostile», a annoncé le conseil des ministres israélien, ordonnant le complet embargo d’un territoire où résident plus d’un million et demi d’habitants. En d’autres termes, un million et demi d’hommes de femmes, d’enfants, de malades et de vieillards ne sont plus considérés comme des êtres humains, protégés par les lois internationales, mais seulement comme une «entité» hostile. En plus de l’embargo sur le fuel, l’alimentation et les médicaments, les approvisionnements en eau et électricité sont coupés plusieurs fois par jour. Les leaders israéliens ne cachent pas leur but de cibler la population civile: «Gaza retournera au Moyen Âge. Naturellement les produits de base continueront à parvenir jusqu’à la Bande [de Gaza], en sorte de ne pas provoquer une crise humanitaire. Mais notre but est de forcer la population à ressentir la pression pour réduire [les tirs] de missiles Qassam», a déclaré un officiel israélien (Israeli Today, 25 octobre 2007).
La punition collective et le ciblage de civils sont considérés comme de graves violations des lois internationales et, partant, des crimes de guerre. En définissant la population comme une «entité hostile», les membres du conseil des ministres israéliens ont ouvert la voie qui les mènera, tôt ou tard, au Trbunal pénal international. Mais la communauté internationale reste silencieuse, elle apaise sa conscience en fournissant l’assistance humanitaire d’urgence aux habitants de Gaza.
Le mouvement international de solidarité doit accroître sa mobilisation de soutien et demander à ses gouvernements et aux Nations Unies d’imposer des sanctions à l’État d’Israël aussi longtemps qu’il ne respectera pas les lois internationales et n’aura pas levé le siège sur Gaza et sa population.
Nous tous devons relayer l’appel du Comité national (palestinien) pour briser le siège sur Gaza qui déclare : «Le peuple de Gaza est privé des plus élémentaires conditions d’une vie décente. Nous sommes déterminés à agir main dans la main, épaule contre épaule, avec tous ceux qui croient en la liberté, la dignité humaine et la paix. C’est un véritable appel au secours d’un peuple […] Gaza est destiné à être la ville de la mort où tout est détruit. C’est notre devoir de sauver la vie.»
30 octobre 2007
«PARANOID PARK» / GUS VAN SANT
Un train d’images peut en cacher un autre
L’adolescence est le sujet de prédilection de Gus Van Sant; il bouleverse le genre du public school movie (film de lycée) en réduisant les éléments psychologiques et sociologiques, voire politiques, à de simples données (ici la crise familiale, la marginalité et la guerre en Irak, entre autres) pour valoriser les corps, les mouvements, les paysages, les climats… Cela donne à son cinéma ce côté hagard, expérimental, plastique, poétique qui renouvelle notre perception du monde et notre façon de penser.
L’ancien et le nouveau
Ce film est l’histoire d’une thérapie par l’écriture et la parole selon un schéma classique : flash-back/voix off. Le skateur Alex, écrit la longue lettre, aux dimensions d’un bref roman, qui le guérira.
Deux éléments perturbent la simplicité du procédé :
– les images-souvenirs sont doublées d’images-rêves (envols en apesanteur au Paranoid Park, justement…) mais aussi d’images-documents (les contrôles d’identité des skateurs,souvent noirs ou métissés…), ce qui brouille les frontières entre le subjectif et l’objectif : qui a vu? qui se souvient et de quoi?
– la rédaction de la lettre est hésitante et des autocorrections relancent le récit, le complètent, le redoublent de scènes semblables mais filmées différemment : après une première série d’éléments, la main d’Alex, en gros plan, trace, de nouveau les lettres de «PARANOID PARK» comme si le film recommençait pour suivre un autre parcours. La lettre en train de s’écrire, c’est le film en train de se faire, avec des courbes comparables aux évolutions des skateurs…
Ces mélanges permettent à Gus Van Sant de faire des films esthétiquement composites, hétérogènes, fait de pièces et de morceaux disposés à des niveaux différents, parallèles ou complémentaires, en accéléré ou au ralenti. Le film produit ses propres doubles.
Schizoid park…
Cette question des niveaux, Alex la pose clairement : la vie est faite de niveaux différents… elle ne se résume pas à la famille et au lycée… il y a autre chose, ailleurs…
Cet «autre chose», ici, c’est l’accident meurtrier,le corps coupé en deux qui rampe entre les rails, à l’opposé des corps aériens du Paranoid Park voisin; c’est le souvenir refoulé qui revient par l’écriture, la parole, les images et les sons.
Nos vies sont faites de strates, des couches,actuelles ou virtuelles accidentellement révélées, nous dit Gus Van Sant, et le cinéma est par excellence le moyen de construire ces niveaux qui peuvent en cacher d’autres,cet éventail de possibilités variables, cette vision et
cette écoute plurielles d’un monde peut-être multiple lui aussi.
Le film amorce des circuits elliptiques que l’on pourrait compléter sans fin, selon différentes versions de la lettre d’Alex. À propos de douche et d’oiseaux Les différents degrés du film sont encore plus nettement marqués dans la bande-son : genres musicaux variés, chevauchements de morceaux, interruptions, reprises et emprunts… Le lien entre audio et visuel n’est plus immédiat, évident : un écart se creuse.
Lorsqu’on entend la musique de Nino Rota (celle de Juliette des esprits ou de Amarcord, de Fellini…), une porte virtuelle s’ouvre sur d’autres films qui viennent se greffer sur celui ci,avec force,parfois jusqu’à couvrir la voix de l’adolescente en colère avec laquelle Alex vient de rompre : paradoxalement, un moment de cinéma muet fait irruption.
Lors de la scène où Alex se lave de son crime on entend des chants d’oiseaux… alors que le seul oiseau, tardivement montré, est un motif du carrelage de la salle de bains… À un autre niveau, lui aussi, Gus Van Sant pratique des associations libres : scène de douche égale Psychose, Psychose égale Hitchcock, Hitchcock égale Les Oiseaux 1 …
C’est un cinéma de poésie à plusieurs entrées, semblable au fonctionnement des rêves : un élément déplacé se condense avec un autre… que l’on se reconnaît pas tout de suite.
Le cerveau et le corps
Alex ressemble à d’autres adolescents des films de Gus Van Sant (souvenons-nous du jeune Noir écrivain et basketteur de À la rencontre de
Forrester) : il fait travailler à la fois son corps et son cerveau.
Ce qu’il dit de lui nous donne une nouvelle clé du film : «Mon cerveau tourne en rond et mon corps veut fuir…»
Ange déchu, Alex se perd dans une culpabilité qui paralyse son corps; tempête sous un crâne et ligne de fuite impossible…
C’est en inversant la donne qu’il s’en sortira :
– son cerveau va fuir dans la rédaction de la lettre et quitter le labyrinthe,
– son corps va pouvoir retrouver les loopings rêvés du skate.
Dans ses écrits sur le cinéma, le philosophe Gilles Deleuze parle d’un «cinéma des corps» et d’un «cinéma du cerveau» 2 : il semble que Gus Van Sant cherche et trouve le point de rencontre entre les deux…
Leur conjonction, dans Paranoid Park, malgré les têtes de mort sur les T-shirt, est plus optimiste que dans ses films précédents (Gerry, Elephant, Last Days). Soulagé, Alex peut enfin s’endormir en classe… C’est dommage : le cours porte sur les micro et les macro-organismes… les deux infinis, en quelque sorte… tout un programme… de cinéma!
Notes:
1. Gus Van Sant est l’auteur d’une «reproduction» en couleurs du film de Hitchcock Psychose où l’on entend beaucoup d’oiseaux. Dans Paranoid Park, la scène du train est une réminiscence d’un autre film de Hitchcock, L’Ombre d’un doute.
2. «Donnez-moi donc un corps» (Godard, Cassavetes, Garrel, Doillon…), «Donnez-moi un cerveau» (Kubrick, Resnais…), Gilles Deleuze, Cinéma 2. L’image-temps, Éditions de Minuit, Paris, 1985.
«Un monde au pas. Les nouveaux visages de la militarisation»
Comité des objecteurs du Tarn, APEL, 10 €
Ce livre collectif a été écrit par le Comité des objecteurs du Tarn (COT). Créé en 1977 par des objecteurs et insoumis, le COT a été vite rejoint par des femmes et des hommes s’intéressant aux problèmes de paix et aux conflits dans le monde.
Le COT a été souvent à l’initiative des manifestations unitaires tarnaises contre les guerres. Albi a été ainsi la ville de la première manifestation (5000 personnes) contre la guerre en Irak de 1991. Ces rappels ne sont pas inutiles pour comprendre l’intérêt de cet ouvrage collectif.
Deux chapitres sont consacrés au terrorisme et posent la question : «La guerre peut-elle être une réponse au terrorisme?» Si le sujet est assez largement connu, le livre rappelle utilement, et en détail, les conséquences sur la remise en cause des libertés : Patriot Act et mesures au niveau européen. Quant à la France, un chapitre lui est justement consacré. La publication le 4 décembre dernier du «Rapport au Parlement sur les exportations d’armement de la France» vient à point pour rappeler que la France reste le quatrième exportateur et surtout que le solde positif des transferts d’armement s’élève chaque année à plus de 3,7 milliards d’euros, alors que les exportations d’armement ne représentent que 1,6 % des exportations françaises. C’est dire le caractère décisif de ce secteur pour la balance commerciale du pays.
Mais le chapitre le plus intéressant est celui consacré aux complexes militaro industriels (CMI), avec l’émergence d’un secteur privé au développement très rapide, tendant à prendre en charge de multiples activités, non spécifiquement militaires. Le cas d’Halliburton est désormais célèbre depuis la guerre en Irak. Cette privatisation accélérée des industries liées directement ou indirectement à la guerrepose des problèmes inédits. Ainsi l’ouvrage analyse le nouveau type de contrat mis en œuvre en Grande-Bretagne où des avions de guerre sont mis à la disposition de la RAF, mais restent la propriété du consortium qui les a produits.
Enfin, signalons pour ceux qui veulent approfondir le sujet, des références détaillées à la fin de chaque chapitre.
En définitive, un ouvrage certes incomplet (il ne prétend pas à l’exhaustivité), mais très utile pour tous ceux qui ne sont pas spécialistes des questions de la militarisation.
Le livre est en vente dans les librairies Ombres Blanches et Terra Nova de Toulouse. On peut le commander à COT s/c Sophie Flaquet, Arvieu, 81190 Tanus, ou le demander à l’auteur de cet article.
Nyark nyark !
Notre ami toulousain Arno Rudeboy vient de publier un beau livre sur le rock alternatif, Nyark nyark!, aux éditions Zones, dirigées par Grégoire Chamayou.«Formez des groupes de rock libres!» : cette épitaphe du rock alternatif prononcé le soir du 11 novembre 1989 par Bérurier Noir lors de leur dernier concert, résume bien l’énergie, la sincérité et la rage qui ont parcouru la France entre 1976 et 1989.
À tous ceux qui ont vécu à 100 à l’heure cette période et à tous ceux qui n’ont pas pu vivre cette épopée unique en son genre,Nyark nyark! (célèbre cri de guerre des mêmes Bérurier) propose de rechausser ses Docs montantes, de retrousser son jeans, d’épingler ses badges préférés pour se replonger dans ces années effervescentes !
À travers des dizaines d’interviews inédites, de centaines d’images d’archives et un CD bande-son originale, Arno Rudeboy (célèbre activiste et guitariste du groupe Bolchoi) retrace en 260 pages l’histoire orale, graphique et sonore des scènes punks et rock alternatif en France, de 1976, date de la naissance de Metal Urbain jusqu’au concert d’adieu des Bérus en 1989.
Replongez dans l’explosion contre-culturelle de l’époque : structures, organisations autonomes, radios libres, groupes, fanzines, lieux autogérés, labels… C’est une véritable révolution qui se construisait,allant même jusqu’à inquiéter les hautes sphères de l’État!
Format : 29 x 29 cm (format d’un 33 tours), 260 pages (presque 2 kilos de papier et d’encre!), La Découverte (collection Zones) & Folklore de la Zone Mondiale. 29,50 €.
Pour le retrait du plan Power 8 et la renationalisation d’Airbus.
Tout d’abord la parité euro/dollar n’impacte le chiffre d’affaire de l’entreprise qu’à hauteur de 20%, ensuite il existe un système dit de « couverture du taux de change » qui met à l’abri Airbus des aléas des monnaies jusqu’en 2010.
Non, la seule vraie raison de Power 8 c’est la recherche de la rentabilité financière maximum ; Louis Gallois ayant promis aux actionnaires une rentabilité à deux chiffres.
La seule chose qui met Airbus en péril, c’est la soif de profit des actionnaires qui sont prêts à sacrifier des milliers d’emplois pour arriver à leur fin.
A l’opposé de cette politique nous nous prononçons pout le retrait immédiat du plan Power 8 et pour la renationalisation d’Airbus sous le contrôle des salariés et de leurs organisations.
Myriam Martin
"L'opposition, c'est moi" (Nicolas Sarkozy)
Vu sur ce blog:
Acte 1. Branle-bas de combat dans les rédactions parisiennes lundi matin. Rama Yade a condamné dans une interview la venue en France de Khadafi avec des mots aussi durs que «paillasson» et «balance commerciale». Tout pour donner l’image d’un psychodrame intra-gouvernemental.
Acte 2. La même Rama Yade, est convoquée à l’Elysée pendant vingt minutes. Et nos commentateurs aguerris des chaînes d’information en continu de conclure, mystérieux et peinés, que la pauvre a dû se prendre une avoinée homérique comme on n’en avait pas vu depuis Chirac recevant une dérouillée pompidolienne pour avoir joué au châtelain corrézien.
Acte 3. Le président, droit dans ses talonnettes, explique à tout le monde que les brebis égarées du gouvernement ont regagné le troupeau sous sa férule éclairée. Oui vraiment, il est juste et bon de lui rendre grâce.
Mais à qui fera-t-on avaler pareille farce tellement la ficelle est grossière ? Comment imaginer que, dans un système de gouvernement sarkozyste au sein duquel chaque ministre doit presque demander à Claude Guéant l’autorisation d’aller aux toilettes, une telle incartade n’ait pas été savamment orchestrée par Sarkozy lui-même. La réalité, c’est que Sarkozy se poutinise à vue d’œil. Il sécrète sa propre opposition pour occuper tout l’espace politique qui existe entre lui et Besancenot.
récoltés 94000 €/ manquent 56000 €
Non, la LCR ne sort pas ruinée de l’élection présidentielle : nous avons construit notre budget de campagne de manière à ce qu’il soit couvert, pour l’essentiel, par le forfait de 800000euros accordé par l’État à chaque candidat. D’autres partis ont été moins prudents… Renforcée, non seulement par le nombre de voix qui se sont portées sur Olivier Besancenot, mais aussi par l’écho de la campagne, pour la première fois, la LCR a présenté ou soutenu plus de 500 candidatures aux élections législatives, beaucoup plus que ce que nous avions prévu et budgétisé. Et là, pas de remboursement de l’État.
Mais les activités de la LCR ne s’arrêtent pas à cela :
– Nous voulons que de nombreux jeunes, chômeurs, salarié-e-s précaires puissent participer à notre Université d’été, au-delà des contraintes financières.
– Nous voulons pouvoir être présents, dès maintenant, avec des affiches, des tracts contre la politique de Sarkozy et sa bande de tueurs des droits sociaux et démocratiques.
– Nous voulons que notre hebdomadaire, Rouge, puisse vivre.
Nous savons que vous comptez sur la LCR pour les luttes futures. La LCR compte sur vous pour l’aider à les mener. En 2006, comme en 2005, nous avons réussi la souscription et dépassé les 150000 euros. En 2007,nous ne doutons pas que nous ferons aussi bien.
D’avance, merci à toutes et tous
Participez à la souscription en envoyant vos chèques pour "lcr souscription" à lcr31 9, rue corneille 31300 Toulouse