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ATTAC-Toulouse: Interview

Photo ATTAC

Le Piment Rouge a rencontré Michel Metz, membre du bureau d’Attac-Toulouse.

Le Piment. Peux-tu nous résumer la situation nationale d’Attac, après les élections de décembre 2006 ?

Michel Metz. Jusqu’à l’AG de juin 2006, il y avait une situation assez tendue, liée aux orientations et pratiques de l’équipe dirigeante. Les élections ont mis en évidence une fraude, et les élus qui se retrouvaient dans les propositions de Susan George ont refusé de sièger au nouveau C.A. Une période très difficile s’est alors ouverte, avec comme enjeu la survie de l’association. Finalement, de nouvelles élections ont été organisées, avec la présence de quatre listes, les principales étant « Attac : altermondialiste et démocratique » regroupant autour des démissionnaires de juin ceux qui s’étaient le plus clairement opposés à la direction sortante et menaient un combat sans concession sur la question de la fraude, d’un autre côté la liste « Avenir d’Attac » autour de la direction sortante. Le premier point positif a été la forte participation au vote, la meilleure depuis la naissance d’Attac. Le résultat a été très net, 20 sièges sur 24 allant à la liste qui aurait dû l’emporter en juin, s’il n’y avait eu fraude. D’autre part, le vote de juin concernant la place des membres fondateurs a été confirmée, en particulier la désignation de leurs représentants par eux-mêmes et non par les adhérents d’Attac, là aussi contre la direction sortante Nikonoff-Cassen.

Un bureau a été élu avec une coprésidence d’Aurélie Trouvé (Lyon) et de Jean-Marie Harribey (Bordeaux). Ceci dit, le traumatisme demeure et toutes les blessures ne sont pas refermées. À cela s’ajoute un lourd problème financier, qui peut cependant être réglé dans les mois à venir si le bon courant d’adhésions observé dès janvier se confirme. D’autant plus qu’il existe une réelle volonté largement partagée de relancer l’association.


Le Piment. Où en sont les procédures concernant la fraude ?

Michel Metz. Il y a eu deux enquêtes dans lesquelles la justice n’est pas intervenue. Une enquête purement interne et une enquête avec des experts extérieurs à l’association. La première a conclu en août 2006 à une forte probabilité de fraude, qui a continué à être niée par la direction sortante. Par contre, la seconde, confirmant la fraude à quelques semaines du vote de décembre, a été acceptée par la direction sortante et par la quasi-unanimité des adhérents.

Une plainte a été déposée devant la justice. Elle n’aboutira peut-être pas, mais elle était nécessaire pour marquer la volonté de ne pas étouffer l’affaire et de se donner tous les moyens de débusquer les fraudeurs.


Le Piment. Comment le comité local, Attac-Toulouse, s’est-il situé dans la crise nationale ?

Michel Metz. Le comité local s’est très impliqué dans la crise. Avant son éclatement, nous avions marqué par des positions écrites nos désaccords avec la direction, notamment au sujet du rassemblement sur le Larzac en août 2003. Puis à nouveau par deux textes, bien avant juin 2006. Après les élections de juin 2006, notre comité s’est largement impliqué dans le cadre collectif autour des démissionnaires du CA illégitime. Cela s’est traduit enfin par une très forte participation à Paris pour le dépouillement des votes de décembre dernier.


Le Piment. Quelles sont les perspectives nationales d’Attac, pour les mois à venir ?

Michel Metz. Il faut qu’Attac refasse passer un message clair sur la scène publique, en tant qu’organisation altermondialiste. Pour cela, le principal outil est notre Manifeste, support pour présenter l’ensemble de nos propositions et être présents dans le débat politique des élections. D’autres priorités concernent la tenue du G8 en Allemagne en juin prochain, et une campagne sur la question de l’énergie. L’Université d’été, fin août, est une échénace très importante, d’autant plus pour nous qu’elle se tiendra à Toulouse ! Nous poursuivons notre réflexion sur la nécessité d’intégrer la dimension écologique à l’ensemble de nos activités. En ce sens, le séminaire national du 24 mars « Les mouvements sociaux confrontés à la crise écologique », revêt une importance particulière. Adossée à toutes ces activités, la campagne d’adhésions en cours, avec sa dimension financière, et pour relancer l’association, fait partie des priorités.


Le Piment. Attac-Toulouse tient son AG statutaire le 2 mars prochain. Que propose le bureau sortant pour relancer l’association ?

Michel Metz. On a commencé à en discuter lors de notre AG du 10 janvier dernier. D’abord, il faut nous caler sur les priorités nationales que je viens d’évoquer. Avec certaines spécificités, comme l’Université d’été qui demande dès à présent un gros travail. Nous préparons aussi une rencontre des comités locaux des Attac d’Europe qui se tiendra les 12 et 13 mai. Nous espérons que ce sera l’occasion d’être ville-étape dans les marches européennes contre le G8 de juin. Quant au Manifeste, il sera présenté à Utopia-Toulouse le 2 mars, à 18 heures, avant notre AG statutaire qui se tiendra à 20 h 30 à l’N7. Nous travaillons aussi à la relance des commissions : Europe, OMC-AGCS, Monde du Libre (logiciels libres), Migrations (à confirmer). Nous proposons de participer ou d’être à l’initiative de nombreux débats publics, ce qui correspond à notre tâche d’éducation populaire.


Le Piment. Peux-tu nous préciser le fonctionnement d’Attac-Toulouse ?

Michel Metz. Nous sommes le plus gros comité local, avec plus de 700 adhérents. La direction est un bureau large de 15 à 20 membres qui se réunit chaque semaine, jouant de fait le double rôle d’exécutif et de conseil d’administration. Il y a aussi des réunions mensuelles : réunions de formation ouvertes et réunions-infos-débats réservées aux adhérents. En moyenne une AG trimestrielle qui correspond à la sortie de notre journal, Angle d’Attac. J’ai déjà évoqué les commissions. Le principal problème est celui du lien avec les adhérents. Nous avons un bureau très actif, des commissions qui fonctionnent, mais en dehors des AG, nous avons du mal à établir un lien régulier avec les adhérents, qui viennent très peu nombreux aux réunions-infos-débats. Nous poursuivons la réflexion sur ce point : un questionnaire a été adressé aux adhérents, et nous en rediscuterons à l’AG du 2 mars.


Contacter Attac-Toulouse

• Courier à Attac-Toulouse, CASC, 10 bis, rue du Colonel-Driant, 31400 Toulouse

• Répondeur: 05 61 14 14 34

• Courriel à Toulouse@attac.org

• Site Internet : www.attac-toulouse.org

Le site et le répondeur sont actualisés très régulièrement, au moins une fois par semaine. Pour adhérer, utiliser les contacts ci-dessus pour demander le bulletin d’adhésion.

Grève du 115 et situation des SDF

Photothèque Rouge/Meno

Par Stéphane Borras

Pour qui connaît le milieu des services sociaux d’aide aux SDF, la grève du « 115 »1 à Toulouse du mois de novembre 2006 n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein. Toutefois, sa popularité, sa massivité (à l’échelle de ce secteur) et sa détermination peuvent refléter un tournant dans les luttes de ce secteur.


La population SDF est orpheline d’organisations de défense depuis la mise en veilleuse d’associations comme le DAL (tout au moins à Toulouse). Pourtant, la situation ne cesse de se dégrader et le caractère d’urgence sociale prend ici tout son sens. Face à cette détresse, les travailleurs médico-sociaux de ce secteur sont au premier front. « Fantassins du social », comme le disait Bourdieu, il leur arrive de lever la crosse en l’air et de tirer sur leurs propres généraux. C’est ce qu’ils ont fait au cour de cette grève.

Soutenus par les syndicats SUD et CGT, cette grève intervient dans un contexte politique très particulier sur le plan national et local. Nationalement, le gouvernement a mis en avant une priorité à la construction de logements et Borloo, ministre alibi du social, en a fait le paravent d’une situation sociale désastreuse. La suppression de lits d’urgence cet hiver est là pour nous rappeler la réalité de la politique de droite réellement existante.

Et que dire de la dérive démagogique et sécuritaire de la Mairie de Toulouse ? Face au drame du meurtre, sur le Pont-Neuf, d’un étudiant par des « marginaux », elle n’a pas hésité à se vautrer dans le pire des discours digne de celui sur les classes dangereuses.

Assiégés par ces discours haineux, assommés par le recul des moyens, les SDF avaient bien besoin de ce soutien.


Les SDF sont l’affaire de tout le mouvement ouvrier


Mais cette grève amène à des constats contrastés. Si elle a prouvé son efficacité puisqu’elle à permis d’obtenir des moyens supplémentaires2 par rapport au plan initial3, il convient de souligner certaines limites. Et cela renvoie à l’isolement des travailleurs médico-sociaux dans cette lutte. Il est évident que ce sont les couches salariales les plus concernées qui sont entrées en lutte. Il s’agit en effet d’une population qu’ils côtoient au quotidien et dont ils connaissent les difficultés d’organisation. Parler et agir à la place des SDF n’est toutefois pas naturel et la légitimité d’une telle lutte s’appuie sur la dégradation des conditions de travail que représentent de telles baisses de moyens. Les travailleurs de ce secteur ont pris cette responsabilité, il s’agit de le saluer, de relever le caractère hautement politique de cette lutte et d’y accorder tout notre soutien. Il faut souligner également la présence, au moment des temps forts, de travailleurs sociaux d’autres secteurs, eux aussi gravement touchés dans leurs conditions de travail par les conséquences de la crise sociale.

Car finalement, cette grève s’est faite face à l’absence de réaction du mouvement ouvrier dans son ensemble. Nous avons déjà souligné la disparition d’une association qui était en capacité d’agir sur le terrain politique grâce à la réquisition. Il s’agissait déjà d’une sorte de remplacement du syndicalisme dans ses tâches de soutien à la précarité. L’irruption de ce genre de conflit où des organisations syndicales sont au cœur de la lutte est donc une bonne nouvelle. Il s’agit maintenant de réussir à faire prendre en compte ces luttes dans les activités interprofessionnelles. Plus facile à dire qu’à faire mais pourtant d’une actualité toujours plus urgente.

1. Le « 115 » est le numéro d’urgence pour les SDF. Il s’agissait en fait de la grève de toute la veille sociale.

2. Un accueil familles pour environ 35 personnes (6 à 7 familles), 6 places pour des femmes et 18 places pour les « grands précaires ».

3. La situation actuelle en nombre de lits, et après la lutte, et à peu près la même que pour l’hiver 2005/2006.

Le « Pacte écologique » de Nicolas Hulot et la LCR

Le 10 janvier 2007, une délégation de la LCR, conduite par Olivier Besancenot, a rencontré Nicolas Hulot.


Cette rencontre était dans l’air depuis quelque temps. Nous lui avions déjà répondu par écrit que nous ne souhaitions pas signer le Pacte écologique, mais que nous étions prêts à en discuter avec lui. La rencontre a été plus que courtoise ou diplomatique et franche, respectueuse des approches différentes, des désaccords et même plutôt militante. Évidemment nous ne sommes pas revenus sur notre décision de ne pas signer, mais nous avons pu approfondir certains points. Sur le constat d’urgence général, ainsi que sur les objectifs globaux, il y a un cadre d’accord pour s’attaquer au réchauffement climatique et diminuer par quatre les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. Il y a surtout une ambition partagée pour produire, consommer, se déplacer, se chauffer différemment. Sur les propositions concrètes, nous avons fait part de notre accord pour mieux éduquer et sensibiliser à l’écologie l’ensemble de la population, pour développer la démocratie participative (à condition qu’il ne s’agisse pas de consultations bidons qui servent d’alibi comme ça a été le cas pour l’EPR récemment) et pour développer une autre agriculture (à condition qu’elle rompe avec la PAC et le modèle productiviste européen actuel qui accorde 80 % des subventions à 20 % de riches exploitants agricoles).


Nous avons également fait part de nos réserves sur l’idée d’un ministre, numéro deux du gouvernement, qui sur la question de l’écologie pourrait très vite, en l’absence de politique globale, servir de gadget et de caution. Nous avons aussi expliqué concernant la proposition de taxe sur le carbone notre opposition à tout projet qui pourrait recycler le combat écologique dans de nouvelles taxes qui reposeraient une fois de plus sur les mêmes (nous tous qui sommes déjà pris à la gorge par la baisse du pouvoir d’achat) et qui épargnerait les gros pollueurs (les industries automobile, routière, militaire…). Enfin, nous avons expliqué la raison principale pour laquelle nous ne signons pas ce pacte : le consensus semble si large autour de cette charte. Pour nous, ce pacte, en limitant volontairement sa portée et ses ambitions afin de rassembler presque tout le monde, risque par la même de ne pas orienter le combat vers les solutions que les pouvoirs publics pourraient pourtant mettre en oeuvre actuellement dans l’urgence. En premier, le transport : en s’opposant aux diktats de la Commission de Bruxelles, nous pourrions développer le service public ferroviaire afin d’inciter les usagers à prendre les transports en commun plutôt que la voiture (étendre la gratuité…), et afin de mettre les camions de transport de marchandises sur les rails plutôt que sur les routes (ferroutage…). En deuxième, l’habitat : il s’agit de réaliser des économies d’énergie (panneaux solaires…). Et en troisième, imposer des normes contraignantes à l’industrie permettrait de peser à la fois sur la façon dont produisent les entreprises et à la fois sur ce qu’elles fabriquent (baisse de la consommation d’énergie), norme (industrie automobile pour brider les moteurs et favoriser les véhicules non polluants), idem pour l’électroménager…

ÉDUCATION NATIONALE: L’âne1 bouge encore…

Photothèque Rouge/JMB

Par Marie-Cécile Périllat




Comme les autres services publics, l’École fait l’objet d’attaques en règle pour réduire le nombre et le coût des fonctionnaires (suppression de dizaines de milliers de postes en quelques années, recours massif à la précarité), mais aussi le mode de gestion du service public dont les moyens sont désormais contractualisés en fonction d’objectifs et non plus en fonction des besoins, la « culture du résultat » supplante celle de service public et la caporalisation des personnels est omniprésente à l’heure où ils sont sommés de gérer la misère. Bref le service public calque la politique managériale du privé, quand il ne privatise pas directement (cantines scolaires, cours privés…).

Le gouvernement a bien évidemment l’habileté de ne pas attaquer tout le monde à la fois, et pas de la même façon. L’offensive se fait secteur par secteur, catégorie par catégorie, en jouant sur un éclatement des situations des personnels. C’est là la faillite d’un certain syndicalisme enseignant qui a privilégié les petits acquis partiels aux conquêtes de droits collectifs (en terme de salaires et de temps de travail notamment), démultipliant ainsi les situations particulières et affaiblissant le potentiel de résistance.


Robien décerne le bonnet d’âne


L’ensemble de ces attaques s’est doublé depuis quelques mois d’une offensive idéologique visant à discréditer l’École elle-même. C’était déjà latent pour le collège accusé de tous les maux, mais, fait nouveau, le primaire est désormais dans le collimateur : la polémique ouverte par le ministre sur l’apprentissage de la lecture n’a pas d’autre fonction que de faire croire à une échelle de masse que l’École a failli, qu’elle doit en conséquence être réformée selon une logique proprement réactionnaire. Il s’agit en effet d’imposer une révision profonde des missions de l’école qui se resserreraient sur l’apprentissage d’un socle commun minimaliste, bien suffisant pour les couches populaires destinées à l’éviction du système scolaire dès 14 ans, via l’apprentissage. Bientôt le retour au certificat d’études, et le lycée réservé à l’élite…

Ainsi l’École est devenue le sujet de société que les personnels en grève en 2003 contre la décentralisation voulaient qu’elle soit, sauf que cela se produit dans les pires conditions. Et la campagne présidentielle, où la question de l’École s’est invitée très tôt, n’est pas pour rassurer. Ségolène Royal qui s’était déjà illustrée sur les vertus de l’encadrement militaire pour les jeunes délinquants, n’hésite pas à remettre en cause la carte scolaire, ce en quoi elle légitime l’idée d’une école à plusieurs vitesses avec la mise en concurrence des établissements au seul bénéfice des familles aisées, dont, du reste, elle-même fait partie comme l’essentiel de la classe politique…


Mais la résistance n’est pas morte


La mobilisation dans l’éducation n’a cependant pas dit son dernier mot malgré une vraie difficulté à surmonter la défaite de 2003. Derrière la question des moyens et des recrutements c’est notre conception même du service public d’éducation qui se joue. Des convergences s’opèrent dans l’intersyndicale de l’éducation, a minima certes, mais donnent un cadre de mobilisation visible par exemple à travers la grève du 18 décembre dans le second degré : grève aussi réussie que tardivement appelée. Autrement dit, les capacités de réaction existent chez les personnels. Déjà plusieurs établissements de la région parisienne se sont mis en grève en janvier et la pression monte pour que s’organisent des assemblées générales d’établissements. La FSU s’est dotée à son congrès de mandats d’action ouverts, qui appellent à la mobilisation. Tout cela s’articule avec la mobilisation fonction publique du 8 février autour de l’emploi, des salaires et de la défense du service public. La période pré-électorale n’est pas vouée à l’attentisme social, nous devons construire et faire converger les luttes naissantes.


1. L’âne, dont est légendaire l’entêtement à ne pas se soumettre sous les coups de bâton, est le sobriquet que s’attribuent à eux-mêmes en salle des professeurs nombre d’enseignants, sortis battus mais non résignés de leur longue grève de 2003.

JOSÉ BOVÉ: L'unité exige clarté politique

Par Frédéric Borras

José Bové a annoncé le 1er février sa candidature à l’élection présidentielle. Loin de nous l’idée de lui en contester le droit et la légitimité s’il se considère comme le mieux à même de défendre les idées qui lui sont chères. D’ailleurs, nous partageons trop de combats sur le terrain avec José Bové et ceux qui le soutiennent, contre la mondialisation libérale ou les OGM, pour que nous vivions sa candidature comme celle d’un adversaire. Nous sommes totalement solidaires face à l’acharnement judiciaire qu’il subit. Notre ennemi préféré reste le Medef, la droite et l’extrême droite et il n’y a aucune raison pour que cela change. Lire la suite...

Contre Sarko, votez Besancenot


Par François Sabado

L’histoire semble bégayer. Comme Chirac en 2002, Sarkozy tente de mettre en place un scénario qui place au centre les questions de sécurité et d’immigration. Après avoir fait une incursion sur les terres du mouvement ouvrier, en essayant de kidnapper Jaurès et Blum, et visité les usines - toujours à l’invitation des patrons -, il revient sur son terrain de prédilection et sur des thèmes plus porteurs - croit-il - pour rassembler la droite et regagner des secteurs de l’électorat d’extrême droite. L’utilisation des « incidents » de la gare du Nord illustre bien ses objectifs politiques : dénoncer « les voyous », la « fraude », criminaliser toute réaction face aux exactions policières. L’amalgame « immigration » et « sécurité » est accompagné de démagogie sur l’« identité nationale ». Son objectif est clair : au premier tour, l’élection se gagne à droite et à l’ultradroite, en reconquérant une partie de l’électorat du Front national. Certains électeurs de droite peuvent le suivre sur cette voie. Mais cette mécanique est risquée : les gens préfèrent l’original à la copie. Ils se tournent alors vers l’initiateur de cette politique, à savoir Le Pen.

Les différences avec 2002, à cette étape de la campagne, font que les questions sociales restent au centre du débat électoral : l’emploi, le pouvoir d’achat, les retraites continuent à polariser l’attention des électeurs et des millions de salariés plus que la sécurité. Plus, il y a un véritable rejet de Sarkozy dans une série de secteurs de la population : les mobilisations en solidarité avec le grand-père chinois sans papiers et la directrice de l’école du 20e arrondissement, à Paris, témoignent de ce rejet. Les réactions des Parisiens présents à la gare du Nord contre l’arrestation musclée du voyageur sans ticket de transport sont aussi, à leur manière, une indication de la profonde défiance d’une partie de la population face à la police de Sarkozy. Et, même si celui-ci est bien le candidat du Medef, du patronat et des principales forces de la droite, une partie de cette droite et des classes dominantes se méfie des « excès » ou des « embardées » du candidat de l’UMP, ou de sa « rupture » avec le mode de domination de la droite de ces dernières années. C’est l’une des explications de la montée de Bayrou et du centre. Quant à Le Pen, il bénéficie naturellement de la droitisation de la campagne, notamment sur la sécurité, l’immigration et « l’identité nationale »... mais il peut aussi voir une partie de son électorat basculer chez Sarkozy.

Il faut donc pousser l’analyse et comprendre que, derrière la « rupture » sarkozyste, il y a effectivement, pour la droite, un changement substantiel de politique et une accélération de la contre-réforme libérale. Ce qu’incarne Sarkozy, c’est une réponse à ce que les ultralibéraux appellent le « déclin de la France ». En fait, il s’agit, dans un monde de plus en plus marqué par la concurrence intercapitaliste entre l’Europe, les États-Unis et l’Asie, de faire sauter les « obstacles sociaux » que les classes dominantes dénoncent dans les rapports sociaux existants en France ou en Europe.

La recherche d’une « concurrence libre et non faussée », voilà leur objectif. Il faut donc, pour eux, casser le « modèle social européen », privatiser encore plus, déréglementer encore plus, précariser encore plus la force de travail, travailler plus pour... gagner moins. C’est le noyau dur de la politique socio-économique du candidat de Neuilly. Et c’est parce qu’avec lui, il y a de moins en moins d’« État social » qu’il y a nécessairement de plus en plus d’« État pénal ». Dans la panoplie de Sarkozy, la restriction des libertés démocratiques, les attaques contre les droits sociaux et le mouvement ouvrier constituent l’autre face indispensable de la médaille ultralibérale : la remise en cause du droit de grève est déjà à l’ordre du jour de son agenda. L’option Sarkozy, c’est le choix de la confrontation sociale, la préparation des chocs sociaux qui ne peuvent que résulter de l’accélération de la contre-réforme libérale et des résistances sociales qu’elle entraînera.

Alors, face à cette droite dure, de nombreux électeurs peuvent être tentés par un « TSS » (« Tout sauf Sarkozy »), d’un vote « utile » dès le premier tour contre Sarkozy, en faveur de Royal, voire de Bayrou. Ces réflexes n’entraîneraient que de nouvelles désillusions. Comment combattre une droite « dure » avec une gauche « molle » ? Comment répondre à la brutalité des attaques patronales et de celles de Sarkozy avec un PS et une gauche qui acceptent le capitalisme libéral ? Les classes populaires n’ont pas une gauche à la hauteur des enjeux de la situation. S’il ne restait plus, contre Sarkozy et Le Pen, qu’une gauche sociale-libérale, cela favoriserait considérablement les attaques patronales. Contre la droite dure, il faut une gauche de combat, une gauche qui n’hésite pas à s’attaquer au système capitaliste, une vraie gauche, une gauche 100 % à gauche ! Celle d’Olivier Besancenot !

Le partage des richesses, c’est pour quand ?


Le saviez-vous ? Non, non, il ne s’agit pas d’une devinette trouvée dans un magazine pour enfants, mais de records dignes de figurer dans le Guinness : la France est au premier rang européen des rémunérations des dirigeants d’entreprise ! Quelle gloire en vérité ! Mais ça n’est pas tout. Entre 1978 et 2003, les dividendes versés aux actionnaires ont été multipliés par seize. Dans notre pays les 10 % les plus riches s’accaparent 32 % de l’ensemble des revenus ! Les inégalités ne cessent de se creuser, à tel point que même le Conseil de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale (Cerc) est obligé d’en convenir dans son dernier rapport remis à Villepin. Ce rapport concède même qu’une grande partie de la population s’est appauvrie à cause du chômage, de la précarité et du temps partiel imposé.

Et de l’autre côté de la barricade, me direz-vous ? Allez ! jouons une dernière fois aux devinettes des records ! Saviez-vous qu’en 2004 il y avait 6,9 millions de pauvres et que le nombre de Rmistes a doublé entre 1990 et 2005 (de 500000 à 1,2 million), qu’à l’heure actuelle 1 million de salariés disposent d’un revenu inférieur au seuil de pauvreté et qu’un salarié sur deux gagne moins de 1400 euros par mois ?

Les salariés de Planète Saturn, à Portet-sur-Garonne, eux le savent bien. Eux qui ont lutté quinze jours afin d’obtenir des augmentations de salaire dignes de ce nom (200 euros/mois). Et combien on les comprend, quand dans cette boîte, un salarié avec une ancienneté de seize ans touche 1100 euros par mois ! Quand il n’y a ni treizième mois, ni requalification des employé(e)s en fonction de leur ancienneté et de leur poste. Quinze jours de grève exemplaire durant laquelle 95 % de grévistes ont tenu tête au groupe Media Saturn Holding, filiale du groupe allemand Metro AG. Les salariés ont repris le travail début décembre sans avoir obtenu quoi que ce soit de la direction générale. Pourtant le groupe n’est pas à court d’argent : 14 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2005 dans 580 magasins en Europe. Mais les grévistes sont rentrés la tête haute, et fiers de leur combat. Leur lutte a connu un véritable écho sur le Midi toulousain et au-delà, suscitant admiration, solidarité et soutien financier.

Dans la dernière période la lutte des « Planète Saturn » n’est pas restée isolée : pour les salaires, 800 salariés de Siemens ont cessé le travail fin novembre (voir page 7). Parce qu’ils n’acceptaient plus la détresse dans laquelle se trouve la population SDF, les travailleurs sociaux du 115, à Toulouse, ont aussi fait grève. Cette dernière lutte a permis d’obtenir des moyens supplémentaires par rapport au plan initial et de mettre en évidence aussi la conséquence de la baisse des moyens sur les conditions de travail. De même, car ils en ont assez de la précarité de leur statut et de leurs bas salaires, les animateurs de Garonne Animation se sont mobilisés.

Ailleurs, dans le pays, nombreux sont les salariés qui cessent le travail, réclament des hausses de salaire, parce que pour la majorité des travailleurs c’est de plus en plus dur de boucler les fins de mois, pour beaucoup aussi c’est même impossible, alors qu’une poignée de millionnaires accapare tout.

Or aujourd’hui augmenter les salaires de manière significative, c’est possible de suite ! Revenir simplement à la répartition capital-travail d’il y a 25 ans permettrait d’augmenter tous les salaires de 300 euros net par mois, d’obtenir 1500 euros net comme salaire minimal, et de relever les minima sociaux et les pensions de retraite de 300 euros.

Ces revendications la LCR les porte dans le cadre de sa campagne électorale et chaque fois que notre candidat et porte-parole Olivier Besancenot les avance dans les meetings, elles trouvent toujours un écho favorable parmi le public. Ces revendications doivent devenir celles de l’ensemble du monde du travail.

C’est dans les semaines et les mois à venir qu’il nous faut les populariser.

C’est maintenant qu’il faut exiger une autre répartition des richesses.

C’est tout ce que l’on peut souhaiter pour la nouvelle année qui se profile avec nos meilleurs vœux de luttes et de victoires.

Myriam Martin


Descobrimos as raizes, la mistica du mouvement des sans Terre brésilien

Julien Terrié- doc- 2005-France- 26'- VOSTF

Documentaire poétique et politique sur la capacité du mouvement des sans terre à mobiliser les plus pauvres et à influer sur la société brésilienne, à "rendre visibles les invisibles" (Georges Labica). Une "mistica" de retour aux racines, pour un mouvement qui sème l'espoir aux quatres vents.

Film sélectionné au concours de courts métrages du Festival "Résistance" de Foix (09)

PLus d'infos :
amisdessansterre.blogspot.com

LUCHA ADENTRO

Julien Terrié - doc - 26' - 2006 - VOSTF

Film sur le voyage d'une "brigade" de solidarité au Venezuela pour observer le processus révolurionnaire en cours...

Plus d'infos: http://www.cercle-venezuela.fr/

Souscription 2007 / 150000 €
récoltés 94000 €/ manquent 56000 €

Non, la LCR ne sort pas ruinée de l’élection présidentielle : nous avons construit notre budget de campagne de manière à ce qu’il soit couvert, pour l’essentiel, par le forfait de 800000euros accordé par l’État à chaque candidat. D’autres partis ont été moins prudents… Renforcée, non seulement par le nombre de voix qui se sont portées sur Olivier Besancenot, mais aussi par l’écho de la campagne, pour la première fois, la LCR a présenté ou soutenu plus de 500 candidatures aux élections législatives, beaucoup plus que ce que nous avions prévu et budgétisé. Et là, pas de remboursement de l’État.

Mais les activités de la LCR ne s’arrêtent pas à cela :
– Nous voulons que de nombreux jeunes, chômeurs, salarié-e-s précaires puissent participer à notre Université d’été, au-delà des contraintes financières.

– Nous voulons pouvoir être présents, dès maintenant, avec des affiches, des tracts contre la politique de Sarkozy et sa bande de tueurs des droits sociaux et démocratiques.

– Nous voulons que notre hebdomadaire, Rouge, puisse vivre.
Nous savons que vous comptez sur la LCR pour les luttes futures. La LCR compte sur vous pour l’aider à les mener. En 2006, comme en 2005, nous avons réussi la souscription et dépassé les 150000 euros. En 2007,nous ne doutons pas que nous ferons aussi bien.

D’avance, merci à toutes et tous

Participez à la souscription en envoyant vos chèques pour "lcr souscription" à lcr31 9, rue corneille 31300 Toulouse